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Histoire

Un peu d’histoire…

«A Le Pontet, village qui naît et qui grandira promptement.»

Agricol Perdiguier

En 2014, le Pontet fête ses 89 ans.

La commune est née au XIXème siècle, au cours duquel cette annexe d’Avignon stérile et inhospitalière, en proie aux fréquentes inondations du Rhône, se métamorphose en une petite ville.
Cette heureuse transformation s’opère avant 1850 par la conquête et l’aménagement du territoire, facilitée par le réseau d’irrigation en place. Le Pontet se spécialise alors dans la culture de la prairie irriguée, mais aussi dans l’industrie liée au milieu agricole (soie, garance).
Au milieu du XIXème siècle, l’arrivée du chemin de fer abrite Le Pontet des caprices du fleuve grâce à la digue au bord du Rhône nécessaire à son développement. L’économie du village s’oriente vers le commerce et l’entrepôt des marchandises, ainsi que l’industrie chimique qui emploie une large part de la population.
Ancienne photo du pontet avenue de Sorgues et Route de Carpentras

Sous la IIIème République, la localité commence à s’affranchir de la tutelle avignonnaise. Elle bénéficie de services publics et d’aménagements urbains semblables à ceux des autres communes françaises, préalables à son émancipation, et accède à la modernité des villes de la Belle Époque.

Le 17 février 1925, Le Pontet gagne son autonomie et s’érigeant en commune : la petite ville sœur d’Avignon devient alors la plus jeune commune de Vaucluse.

Source : Hervé SIGNORE, le Pontet, Naissance d’une commune, 1800-1925

 

Mais, avant tout cela …

Il était une fois … un petit pont.

L’histoire du Pontet débute bien avant 1925, date où le hameau fut érigé en commune.
« Parietes Ponteti secus Rhodanum »
“les murs du Pontet au bord du Rhône”.
Dès 1507, cette expression latine établit l’existence d’un lieu-dit qui deviendra plus tard notre cité.
Quelle est l’étymologie du nom de notre ville ?
Un petit pont ou «pontet», aujourd’hui invisible, enjambait la roubine qui passe sous l’actuel carrefour situé à l’entrée du centre-ville, en arrivant d’Avignon, devant le bâtiment abritant l’A.N.P.E.
Au tout début, ce pont est en bois, mais en 1537, il est reconstruit en pierre.
Les travaux durent environ 5 mois et s’élèvent à plus de 200 florins.
En juin 1618, il est réédifié sur le même emplacement et le passage n’est large que de 5 pans (1 pan = 0,24 m), avec des garde-corps de 3 pans et demi de hauteur seulement.
Le lavoir

Cet ouvrage méritait donc bien le nom de « pontet ».
Par la suite, le diminutif « pontet » attribué à un lieu-dit sera étendu à la signification de tout un hameau. A proximité du pont se dressait une croix destinée à recevoir les hommages et les dévotions des passants pieux qui ne pouvaient pas assister aux offices religieux.
Un lavoir, construit en bois au XVe siècle et rebâti en pierre dès 1557, accueillait également les visiteurs.
Avignon, devenue pleinement cité, comprend dès le Xe siècle le territoire des communes de Morières-les-Avignon et du Pontet.
La construction des canaux de la Fontaine de Vaucluse jusqu’à Avignon apporte une expansion artisanale à la future cité papale et participe déjà au développement économique du Pontet.
Avec l’installation des Papes en 1309 en Avignon, la région toute entière va vivre une période faste, capitale dans l’histoire du Comtat Venaissin (banquiers lombards, artisans…).
La poussée démographique transforme la région ainsi que notre petit hameau.
Apparaissent alors les grands domaines :
Le domaine de Fargues, propriété des Papes, et le domaine de Cassagne joueront un rôle essentiel. L’hôtel de Ville actuel n’est autre que l’ancienne maison de maître du domaine de Fargues, appartenant à la famille Pagesi, tandis que le château aujourd’hui restauré accueille l’Espace Culturel de Fargues.
Le château de Cassagne, propriété privée, conserve encore des vestiges du XVIe siècle.
Ces domaines vont permettre la sédentarisation d’une population toujours croissante.
Au XVIe siècle, le hameau compte près de 300 habitants.
La construction de nouveaux canaux d’adduction d’eau transforme l’activité et modifie les paysages.
Moulins à foulons et teinturiers s’installent sur les berges.
Au XIVe siècle, l’industrie du papier, et au XVIIIe siècle les filatures et l’industrie de la garance (fabrique de garancine) assurent une stabilité financière à la région.
Le carrefour de Réalpanier porte aujourd’hui le nom du moulin d’une grande fabrique de draps.
Grâce au Canal Crillon qui draine les eaux alluvionnaires de la Durance jusqu’au Rhône sur une distance de 35 kilomètres, les cultures se diversifient : désormais, la vigne n’est plus seule (Domaine des Daulands et Roberty).
Ainsi, à la veille de la seconde guerre mondiale, la prairie couvre les 3/4 des terres cultivables de la commune.
De nos jours, bien des quartiers de la commune portent le nom d’anciens domaines : Fontvert, Beaupré, Les Daulands, Les Agassins, L’Arbalestière, La Verdette.
Le site classé de Roberty abrite une maison de maître, un jardin ordonnancé, un parc et un hippodrome.
Propriété de la famille Thomas dès 1780, ce domaine joue un rôle fondamental dans le développement du Pontet.
Le fils de l’acquéreur, Charles Thomas (1787-1871) fait entreprendre d’importants travaux de drainage et fertilise les terres jusque-là marécageuses et incultes.
Les 250 hectares de Roberty représentent alors 1/4 du hameau.
Se rajoutera la fabrication d’étoffes de soie et de garancine.
Son fils Joseph (1829–1908) fait passer le chemin de fer sur ses terres, preuve de la vitalité de ses activités.
Il devra néanmoins gérer par la suite l’effondrement de l’industrie de la soie (maladie du ver à soie en 1862) et surtout la reconversion vers l’industrie chimique (acide sulfurique, engrais).
Ainsi, en 1905, le moulin de Réalpanier deviendra une usine.
D’autres implantations industrielles se font autour du Pontet :
Saint-Gobain, la Rochette-Cenpa, un premier réservoir d’essence en bordure du Rhône en 1935.
Des dépôts pétroliers s’implantent pendant la période de l’entre-deux-guerres.
Artisans et petits commerces affluent ; une petite gare est construite.
En 1852, la famille Thomas fait don du terrain nécessaire à la construction de l’église et d’une école de garçons.
Le territoire compte 1200 habitants en 1861.
Dès 1895, un bureau d’état civil est installé.Le 24 mai 1910, Paul Thomas cède gratuitement le terrain nécessaire à la création d’une place qui devra porter le nom de son père Joseph Thomas.En 1920, quatre représentants du secteur du Pontet siègent au conseil municipal d’Avignon.Source : Ouvrage “LE PONTET” édité en 1982    (Régis DEROUDILHE – Maire de 1959 à 1994)

Et la Garance … connaissez-vous ?

Garance des Teinturiers

Plante vivace par ses rhizomes, à tiges couchées ou grimpantes, mesurant jusqu’à 1,5 m de long, sesfeuilles, apparemment verticillées, sont munies sur les bords et sur la nervure principale de petits aiguillons qui permettent à la plante de se soutenir en s’appuyant sur les autres plantes.
Ses fleurs jaunâtres s’épanouissant en début d’été (juin-juillet), à 4-5 pétales soudés à leur base.
Ses fruits charnus (baies), de la taille d’un pois, sont noirs à maturité.
Le rhizome peut atteindre 80 cm de long.
Distribution
Cette espèce est originaire d’Asie occidentale et centrale : Turquie, Syrie, Liban, Jordanie, Irak, Iran, Tadjikistan, Turkménistan, Ouzbékistan et d’Europe de l’Est : Russie (Crimée), Ukraine, ex-Yougoslavie. Elle a été répandue par la culture et naturalisée çà et là dans les régions tempérées.Utilisation
Textile :
Les racines et les tiges souterraines contiennent de l’alizarine, qui a la propriété de donner aux tissus une belle couleur rouge.
Les uniformes de l’armée française l’employaient abondamment avant la première guerre mondiale.
 Rubia_tinctorum_001

Cette teinture naturelle a été remplacée par des colorants synthétiques.
La culture de la garance, très ancienne (elle est attestée depuis plus de 3000 ans en Inde) n’est plus qu’un souvenir.

Beaux-arts : la garance (rubia tinctorium) a longtemps été utilisée en tant que pigment pour la confection de la laque de garance, un rouge rosé transparent très prisé à l’huile comme à l’aquarelle. Après l’alizarine synthétique (XIX ème siècle), c’est aujourd’hui un mélange de quinacridones ou de benzimidazolones, plus solides, qui imitent sa teinte.
Botanique : cette espèce fait partie des plantes recommandées dans le capitulaire De Villis de l’an 812.
Alimentation : la garance mélangée à l’alimentation des animaux colore leurs os en rouge, ainsi que le lait.

Le village d’Althen-des-Paluds, département de Vaucluse fut un centre de la culture de la garance en France au XIX e siècle. 

La Garance et l’histoire
La garance était connue des Grecs et des Romains et l’ingénieur romain Vitruve précise qu’elle était employée dans les couleurs pourprées.
La culture de la garance, qui présentait un grand intérêt économique grâce à la teinture extraite de ses racines, avait été tentée sous le règne de Louis XIV.
Dans ce but, Colbert avait promulgué une instruction sur la culture et l’emploi de la garance. Un édit royal exonérait de l’impôt toute personne qui la cultiverait dans les anciens marais asséchés. En 1698, un marchand de Nîmes, Martin, avait obtenu un privilège royal pour en introduire la culture dans le Languedoc, mais ses tentatives, qui ne durèrent pas plus de deux ou trois ans, restèrent vaines. La Hollande gardait le monopole de cette culture.
En 1754, Jean Althen commença des essais de culture à Saint-Chamond, puis les renouvela à partir de 1763 avec plus de réussite dans le Comtat avec l’appui du marquis de Caumont, premier consul d’Avignon. Il n’y eut cependant aucun essor significatif à cause des importations du Levant. Mais les guerres de la Révolution ayant entravé le commerce, les cultivateurs se lancèrent dans cette culture qui se développa pour atteindre son maximum vers 1860.
En 1839, on compte cinquante moulins à garance en Vaucluse, alors qu’il n’y avait que dix moulins sur la Sorgue en 1804.
Le Vaucluse, certaines années, générera jusqu’à 65 % de la garance au niveau mondial. À partir de 1860, plusieurs grandes crises (terres surexploitées, baisse de qualité, etc.) touchent cette culture de plus en plus concurrencée par les progrès récents de la chimie. Il ne subsiste plus qu’un seul des cinquante moulins qui tournaient en 1880.
Les superficies des cultures de garance étaient les suivantes :

Superficie des garancières en hectares Année 1840 et 1862

Vaucluse 9 515 ha 13 503 ha
Bouches-du-Rhône 4 143 ha 3 735 ha
Bas-Rhin 727 ha 273 ha
Drôme 164 ha 1 104 ha

Gard 125 ha 1 395 ha
Seine-et-Oise 2 ha –
Hérault – 204 ha
Alpes-de-Haute-Provence – 181 ha
Ardèche – 60 ha
Var – 11 ha
Tarn-et-Garonne – 2 ha

Total 14 676 ha 20 468 ha

Techniques culturales

La culture de cette plante nécessite des sols profonds, défoncés, humides mais sans excès pour éviter le pourrissement des racines.
La préparation du sol est un véritable travail de forçat car il faut retourner la terre sur au moins 50 cm à l’aide d’un outil spécial et renforcé : le “luchet” à trois ou quatre dents.
Pour enrichir les sols, les cultivateurs de garance ont été les premiers à utiliser les tourteaux de graines oléagineuses, résidus des huileries de Marseille. Les semis étaient effectués au mois de mars. Des sarclages fréquents étaient nécessaires pour enlever les mauvaises herbes.
La récolte était effectuée au mois de septembre, trois ans après la plantation afin d’avoir une racine plus riche en matière colorante. L’arrachage était également très pénible et se faisait au “luchet” pour déterrer les racines qui s’enfoncent jusqu’à 70 cm de profondeur. On a aussi utilisé la charrue mais il fallait de 16 à 20 chevaux. Le complément de main-d’œuvre nécessaire était fourni par des ouvriers ruraux de la montagne, inoccupés à cette période de l’année.
Les rendements obtenus s’élevaient à environ 3 tonnes par hectare.
Après la récolte, la terre fort bien ameublie conservait une grande partie de la matière organique.
La culture de la garance constituait donc une très bonne tête d’assolement pour les cultures ultérieures : blé, luzerne, etc. Elle était très bien adaptée aux petites exploitations familiales. De plus le feuillage de la plante, qui était coupé pour favoriser le développement des racines, constituait un fourrage de qualité. 

Causes du marasme. 

Une première crise était apparue dès 1861 avec une baisse des importations de coton d’Amérique due à la guerre, d’où une moindre demande de matières colorantes.
La synthèse chimique de l’alizarine en 1869 allait amener la disparition très rapide de la garance, phénomène qui coïncide avec la crise de la vigne due à l’apparition du phylloxera. Une légère reprise était apparue en 1871 par suite de décisions malheureuses de certains viticulteurs qui, touchés par la crise du phylloxera, ont remplacé leur vigne par la garance.
Essais de relance
Pour faire face aux difficultés économiques, une commission des essais pour l’amélioration de la culture de la garance a été mise en place. Cette commission tirait un premier bilan le 1 er mars 1875 avec un rapport d’Auguste Besse à la chambre de commerce et à la société d’agriculture. Ce rapport donnait les indications sur les meilleurs engrais à utiliser. Dans un second rapport du 29 mars 1876, la commission reconnaissait que, malgré des essais positifs sur l’emploi des engrais, la lutte devenait inutile.
Vers 1880, toutes les garancières avaient disparu : les statistiques agricoles annuelles qui paraissent à compter de 1884 ne contiennent aucune mention relative à la garance.

Usage médical
 

Garidel cite dans son livre “Plantes qui naissent aux environs d’Aix” la garance qui “débouche les obstructions du foye, de la rate et de la matrice”. Après avoir précisé qu’elle est une des cinq racines apéritives, il ajoute ” les teinturiers s’en servent pour teindre en rouge qu’on appelle vulgairement rouge garance. Les feuilles et les tiges servent à nettoyer la vaisselle d’étain…préférable à l’Equisetum”.
D’après le docteur Debuigne, la garance serait recommandée contre la jaunisse, l’anémie et les dartres. (1)
Leclerc en 1933 confirmait les propriétés diurétiques. C’est pour cette dernière propriété que les arabes l’emploient encore. Les principes actifs seraient l’acide rubérythrique, la purpurine, la chinizarine etc. Pour certains ces propriétés seraient d’ordre dissolvant, il y aurait formation de complexes solubles, calciques et magnésiens, prévenant la formation des calculs. (2) 

Bibliographie

P.J.F.B. Traité sur la culture de la garance Offray, Avignon, 1818
Bastet, Nouvelle essai sur la culture vauclusienne et l’histoire naturelle de la garance , Imprimerie Raphel, Orange, 1839
Auguste Picard, Rapport sur la situation générale de l’agriculture dans le département de Vaucluse et de la culture de la garance en particulier , Imprimerie Jacquet, Avignon, 1857
Fernand Benoit, L’outillage rural en Provence , Ed. Laffitte, Marseille, 1984
Jean-Noël Marchandiau, Outillage agricole de la Provence d’autrefois , Edisud, Aix-en-Provence, 1984 Claude Mesliand, Paysans du Vaucluse , Université de Provence, 1989

Références

(1) Docteur Gérard Debuigne, Dictionnaire des plantes qui guérissent. Librairie Larousse, Paris, 1974 page 130
(2) L. Bezanger-Beauquesne, M. Pinkas, M. Tork, F. Trotin – Plantes médicinales des régions tempérées. Maloine, Paris, 1990.

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